La planification est une étape clé de la gestion d’un projet. Elle conditionne son déroulement, et à terme, son succès ou son échec. Il est donc primordial de structurer correctement le projet. Pour cela, il existe des types de planification reconnus destinés à faciliter la gestion du projet. Le choix de la méthode de planification va avant tout dépendre du type de projet. Nous allons présenter ici douze méthodes de planification, afin de vous aider à sélectionner celle qui conviendra le mieux à votre projet.

1- Traditionnelle

La planification dite « traditionnelle » repose sur l’établissement d’une liste exhaustive des tâches composant le projet et l’estimation du temps de réalisation de chacune d’elle. Les tâches sont réparties entre les différents intervenants par le chef de projet qui se charge ensuite de superviser et de contrôler leur réalisation. C’est une méthode simple et efficace néanmoins réservée à de petites équipes, dont les membres sont très autonomes et ne dépendent pas les uns des autres pour réaliser leurs tâches. La communication au sein de l’équipe est réduite au strict minimum, le chef de projet centralisant toute la gestion des tâches.

2- Agile

Particulièrement adaptée pour les projets nécessitant une grande flexibilité (exemple projet informatique) et des développements rapides, la méthode agile consiste à découper les différentes étapes du projet en « sprints ». La réalisation des tâches se fait de façon itérative avec des cycles courts, généralement de deux à quatre semaines. Utiliser une méthode de conduite de projet informatique agile nécessite néanmoins une équipe motivée et autonome, dont les membres communiquent facilement entre eux. A l’issue de chaque sprint, la validation des livrables est effectuée, ainsi que la planification de l’itération suivante.

3- Cascade

Parmi les différents types de projets, il y a ceux dont les tâches à réaliser sont particulièrement dépendantes les unes des autres. L’équipe doit dans ce cas attendre que toutes les tâches identifiées comme prérequis soient terminées avant d’en commencer une autre. Cela nécessite de réaliser les différentes tâches dans un ordre bien précis, et donc que les membres de l’équipe communiquent efficacement entres eux afin que chacun puisse suivre l’avancement des opérations. Dans ces conditions, la méthode en cascade est idéale ! Chaque membre de l’équipe qui réalise une tâche permet à tous d’avancer, assurant ainsi le bon déroulement du projet. Cette démarche de projet permet également d’agrandir l’équipe au besoin, au fur et à mesure de la réalisation des tâches. En revanche, un contrôle absolu de la gestion des dépendances des tâches et de la chronologie de réalisation est indispensable.

4- PERT

Amélioration du diagramme de Gantt (du nom de son inventeur), le PERT permet d’analyser et de représenter de manière logique le réseau des tâches à réaliser au cours du projet. PERT signifie « Program Evaluation and Review Technique », ou TEEP en français, pour « Technique d’Evaluation et Examen des Programmes ». Le type de projet correspondant le mieux à la méthode PERT est sans aucun doute celui impliquant un processus de fabrication. La construction d’un réseau des tâches, mettant en lumière leurs interdépendances et la chronologie de réalisation, va permettre de construire peu à peu le canevas d’élaboration du projet. Cette méthode n’est pas toujours facile à mettre en place, car elle demande une organisation quasi-scientifique. Elle est parfaitement adaptée aux entreprises en pleine expansion, ou qui se préparent à cette éventualité.

5- SCRUM

Dérivé d’une méthode de gestion de projet agile, SCRUM (qui désigne la « mêlée » au rugby en anglais) est particulièrement adaptée au management de projet informatique (même s’il peut être utilisé pour différentes catégories de projets). La démarche de projet est d’effectuer un découpage en « sprints », durant généralement 30 jours (leur durée peut être raccourcie en fonction des contraintes). Les différentes tâches sont priorisées au sein des sprints et le respect des délais de réalisation est contrôlé. Il n’y a pas réellement de chef de projet, mais un Scrum Master, dont le rôle sera de faciliter la communication et le travail entre différentes équipes de tailles réduites. La communication est primordiale, et les retours sur la progression des différentes tâches permanent.

6- Crystal clear

Méthode agile comme l’est Scrum, Crystal clear a pour particularité de pouvoir s’adapter facilement à la typologie du projet. A la différence des autres méthodes, Crystal clear ne met pas les processus et les tâches au centre de la démarche de projet. Ce sont les compétences des membres de l’équipe et les interactions entre eux qui sont au centre de la méthode. Chacun peut apprendre des autres et ainsi progresser tout au long du projet. Les talents créatifs peuvent alors pleinement s’exprimer. Ce mode de fonctionnement apporte une grande souplesse au projet et une grande rapidité de réalisation des tâches. En revanche, les différentes étapes de la démarche du projet seront uniques, et ne pourront pas nécessairement être réutilisées sur un autre projet.

7- Processus Unifié

Fréquemment utilisé dans les projets de développement de logiciels, le Processus Unifié est une méthode basée sur des cycles itératifs. Il est très performant, notamment lorsque des langages de programmation orientés objets. Des phases de tests et de retours utilisateurs alternent de façon cyclique. A chaque étape de cette démarche projet, des paliers de transition sont mis en place afin de réajuster les développements en fonction des retours et des évaluations des utilisateurs. Ils peuvent ainsi signaler des anomalies ou des malfaçons et demander des modifications, qui si elles sont prises en compte, peuvent changer la direction prise par le projet. Grâce à ce mécanisme, les développements se rapprochent petit à petit du logiciel souhaité par les utilisateurs.

8- Adaptative

Cette méthode de planification est particulièrement efficace pour les projets dont le périmètre peut être amené à varier. Si la date de fin de projet et de livraison, ainsi que le budget prévisionnel sont figés, le contenu peut être ajusté durant toute la durée du projet. Il est ainsi possible d’adapter le projet et d’y incorporer de nouvelles idées ou de nouvelles technologies en fonction des besoins.

9- Chemin critique

Dans le cas où le projet comprend un grand nombre de tâches interdépendantes, la méthode du chemin critique permet de faciliter la planification. Le principe est de découper le projet en tâches critiques et non critiques et en calculant le temps nécessaire à la réalisation de chacune d’elles afin de savoir lesquelles prendront le moins de temps.

Le calcul précis de la durée du projet est possible et les tâches sont mesurées et priorisées. Il est alors possible pour le chef de projet de choisir la réalisation des tâches critiques en priorité afin de continuer ensuite par les tâches dépendantes. Ce type de démarche de projet se retrouve généralement lors des recherches scientifiques ou de la mise au point de produits par les fabricants, car la durée des tâches est mise en avant.

10- Chaîne critique

La chaîne critique est très utilisée pour les projets high-tech dans des domaines ultra-compétitifs. Il s’agit d’une combinaison des méthodes PERT et Chemin critique. La composition et les objectifs des équipes sont fixés en fonction des budgets définis et des contraintes identifiées. Le déroulement du projet n’est donc pas uniquement basé sur sa durée la plus courte comme avec le chemin critique, mais également sur les coûts que l’on cherche à réduire et les bénéfices que l’on cherche à augmenter.

11- eXtreme Programming

La méthode XP s’applique aux projets gérés à l’aide d’une méthode agile. Le principe est de diminuer la durée de chaque itération jusqu’à obtenir des cycles hebdomadaires ou même quotidiens. Chaque itération est identifiée par un nom ou un numéro lorsqu’elle est terminée. Les développeurs travaillent très souvent en binômes, ce qui facilite généralement la production d’un code simple et aisément lisible : en effet, alors qu’un développeur écrit le code, son binôme le relit et peut lui faire part immédiatement de ses remarques et de ses idées. Les mises à jour du projet sont quotidiennes et servent de jalons. Les remarques et demandes utilisateurs peuvent être prises en compte dans les cycles suivants. Tous les acteurs du projet communiquent à un niveau égal et les cycles très courts permettent de conserver une excellente maîtrise du déroulement du projet, et surtout de s’assurer que les développements collent au plus près du besoin du client. Cela permet une planification et une organisation du projet particulièrement souples.

12- Développement de l’application jointe

Cette méthode consiste à impliquer le client dès le début du processus de développement. Des sessions communes sont organisées régulièrement. Le client peut ainsi exprimer ouvertement des idées et des demandes concernant les fonctionnalités attendues. Au fur et à mesure des développements, le client peut partager ses impressions sur l’évolution du produit, sur le déroulement du projet et ses souhaits concernant l’orientation des travaux. Ces réunions de collaboration entre client et équipe de développement sont organisées pendant toute la durée du projet.

 

Tableau récapitulatif

MéthodeAgileFlexibilitéItératifTaille équipe
TraditionnelleNonNonNonPetite
AgileOuiOuiOuiPetite/moyenne
CascadeNonNonNonToute taille
PERTNonNonNonToute taille
SCRUMOuiOuiOuiPetite
Crystal clearOuiOuiNonPetite/moyenne
Processus UnifiéOuiOuiOuiToute taille
AdaptativeNonOuiNonToute taille
Chemin critiqueNonNonNonToute taille
Chaîne critiqueNonNonNonToute taille
eXtreme ProgrammingOuiOuiOuiPetite
Développement de l’application jointeNonOuiOuiPetite/moyenne

 

En conclusion sur les types de planification de projet

Il est impossible de dire qu’une méthode de planification est meilleure qu’une autre. En fonction du type de projet d’entreprise, de la classification des projets en interne et d’exemples d’élaboration de projets antérieurs, il faut sélectionner la méthode la plus adaptée. Il est inutile d’utiliser la méthode traditionnelle, le PERT ou la cascade si vous souhaitez avoir beaucoup de souplesse dans votre organisation, tout comme il est inutile d’opter pour une méthode agile si vous souhaitez absolument conserver un contrôle maximum sur le déroulement du projet. Il n’est même pas forcément nécessaire de choisir une méthode et de l’appliquer à la lettre. Rien ne vous empêche d’utiliser les parties de plusieurs méthodes qui vous intéressent. L’objectif au final, est bien d’avoir une méthode la plus adaptée possible à votre projet. Il est possible d’imaginer par exemple la définition d’un chemin critique pour un projet de grande envergure, avec la mise en place de différents jalons, et de mettre en place un fonctionnement agile pour les développements situés entre ces jalons. Quel que soit le choix de la méthode de planification, et au-delà, du choix de la méthode de gestion de projet, la communication reste un point incontournable. Qu’elle soit centralisée, avec un chef de projet, ou libre entre les membres de l’équipe projet et le client, elle doit être claire et efficace. C’est à ce prix qu’il sera possible de développer un produit correspondant aux attentes du client en respectant les délais prévus.

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